Que dire ?
Des courses de trail, il y en a des milliers.
Il y en a tous les week-ends.
Dans le monde entier,
Mais moi, et je ne sais pas pourquoi, il y en une qui me tient à cœur et qui se refuse à moi, c'est elle.
Pourquoi ? Je ne sais pas !
Lors de ma première participation, il y a 5 ans, j’avais raté le coche pour une histoire de quelques minutes et d’erreurs de débutant (lire mes anciens récits de course) et depuis ce jour, je m’entraîne toute l’année, je sacrifie tellement de chose pour en arriver à chaque fois au même résultat.
Je dois faire quoi ?
Je dois vraiment passer à autre chose !
Ou je dois persister et un jour, ça passera !
Retour sur cette magnifique épreuve dure et très exigeante, rien à voir avec l’UTMB qui elle est super roulante.
Cette année, tout semblait être bien, la météo était incroyable, j’aurai jamais pu rêver mieux. Le bémol était moi, car ma préparation a été catastrophique et pas du tout professionnelle, mais je me suis dit que vu les kilomètres et les dénivelés faits et mon historique, ça passerait.
Aucun volume, aucun bloc n’a été fait, et même un hiver catastrophique de préparation.
(Vous aurez les explications dans la rétrospective 2026 en fin d’année)
Départ donc à 10 h sur le barrage de la Grande Dixence où le paysage est juste majestueux.
Tout va très bien, la montée direction Prafleuri, le Grand Désert, la traversée vers Louvie et la descente sur Lourtier sont super bien gérées et je suis dans les temps rapides prévus qui sont plus lents que l’an dernier.
Claudio, mon beau-frère, est là pour le ravitaillement et tout est en place, je mange, je bois et lui refait mon sac.
La suite encore mieux,
La montée à la cabane Brunet, la traversée sur le col de Mille avec en repérage une fontaine pour faire le plein d’eau et la longue descente sur Orsières et là aussi une fontaine, se passent super bien.
Montée à Prassurny trop cool. Mon papa, David et Claudio sont là, mais surtout mon mentor mental, Eric avec sa chérie Sylvie. Un contrôle matériel effectué par les commissaires de course et je peux manger, boire et me changer pour partir en mode nuit.
Ça fait tellement du bien de retrouver des visages familiers, vous ne pouvez pas imaginer.
Le mode nuit chez moi égale dépression nocturne. Je vais me battre la dessus grâce au conseil de mon mentor, qui lui, mentalement est incroyablement doué.
Direction donc Champex Lac, le Canada du coin. C’est vraiment génial, car sur toute cette partie, les amis, la famille avancent sur la route pour nous encourager avant que l’on ne se quitte pour rentrer dans le val d’Arpette et rentrer dans la nuit.
La montée à la fenêtre du même nom se passe bien au début et plus je m’enfonce dans la nuit et dans le vallon plus je me fais chier. (désolé du terme) Mais j’essaye tant bien que mal de passer dessus. Arrivé à la fenêtre (2 665 m), d’un coup, tout va mieux et je poursuis ma course vers la buvette de Trient et le col de la Forclaz. La, je retrouve Claudio, David et Eric pour un ravitaillement en or avec 2 bonnes assiettes de pâtes. On ne change rien, je m’occupe de manger et de boire, un refait mon sac et les autres me parlent, me motivent et me coachent.
À ce moment-là de la course, je suis dans les 40 premiers scratches, je crois, mais 1 ou 2 de ma catégorie.
Je repars pour le Mont de l’Arpille et ensuite encore une longue descente sur Salvan et on est en milieu de nuit.
Et là, tout bascule.
- Petit retour en arrière de quelques heures : la traversée du Grand Désert, je me fais la cheville, la douleur dure, 15-20 min et plus rien donc je ne dramatise pas.
Mais, arrivé donc sur l’Arpille, la traversée de la crête, je me refais la cheville gauche 2 x de suite et là, j’ai mal. À chaque pas où mon pied est mal positionné sur un caillou, elle lâche et j’ai une monstre décharge électrique comme sensation à l’intérieur. De suite, je sors les bâtons pour m’aider à la descente, mais rien à faire, je dois vraiment ralentir. Là, tout devient dur dans la tête, ça va être long, très long et je n'ai que la moitié de fait.
J’arrive tant bien que mal à Salvan après mettre fais dépasser par beaucoup de monde. J’explique mon histoire à David et Roxanne qui m’attende. Roxanne est une amie de ski de compétitions qui est ostéo. J’ai droit à une remarque justifiée de la part de Roxanne, tu n’as rien bu depuis Forclaz ? Mais c’est pas bien ça. Je sais, mais avec cette histoire, je me focalise sur le problème et oublie l’essentiel.
Elle me manipule donc la cheville, me la tape et moi, je mange, bois et dors 20 min qui n’étaient pas prévues, mais au point où j’en suis.
Je repars quand même à mon grand étonnement direction Salvan.
Arrivé à Van d’en Haut, impossible de relancer la machine, j’ai zéro énergie et là, je dois prendre une décision, ok, le jour se lève dans 45 min, mais si j’ai plus de jus, je fais quoi ?
Je repense à ce que m’a dit Roxanne et la grosse connerie que j’ai fait de m’oublier et de rien boire.
Je prends la décision donc de stopper là à Van d’en Haut.
Encore un échec, et j’en ai marre. C’est dur, mais finir une course quand on a une blessure petite ou grande, j’ai déjà fait dans mes débuts et cela m’avait coûté une saison presque off.
Pour une fois, que je partais sans vraie idée car mal préparé. Oui, au fond de moi, je ne pensais pas finir, car rien de juste avait été fait, mais j’avais gardé un espoir vu que tout allait bien quand même.
Désolé pour les personnes qui me suivent de ne pas avoir terminé cette traversée, pour vous aussi, c’est très difficile de suivre.
Peut-être qu'un jour, la distance reine de l’Ultra Trail me sourira.
Un jour, peut-être comme dirait un journaliste sportif français.
À l’heure ou j’écris ces quelques lignes, je me recentre sur moi-même encore une fois.
Je vais partir pour l’UTMJ en relais en famille et amis, toute la team qui m’ont suivi, 170 km a partager en 6.
Je tiens encore à titre personnel, à féliciter ma sœur qui en même temps que je courais, elle était sur la 100 km et l’a terminée. Comme quoi, entre 2 personnes de même famille, il y a 2 caractères bien différents et 2 mentaux complètements opposés. Celui qui va pour le plaisir et l’autre qui va pour quelque chose.
Voilà pour mon récit sur cette SwissPeaks 2026
Merci de fond du cœur de votre soutien de prêt comme de loin et à très bientôt pour de nouvelles aventures plus glorieuses, je l’espère, mais surtout n’oubliez pas…
Vive le sport…! 🏃♂️➡️
Les choses à penser avant de vous envoler: 

